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Numéro 9 - Juin 2002  
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Éditeur et coordonnateur du réseau: Bob (R.E.) Johannes, 8 Tyndall Court, Bonnet Hill, Tasmania 7053, Australia. Tél. +61 3 62298064 - fax: +61 3 62298066.

Production: Section information, Division Ressources marines, CPS, B.P. D5, 98848 Nouméa Cedex, Nouvelle-Calédonie Fax: (687) 263818.

Produit avec le concours financier de l'Australie, la France et la Nouvelle-Zélande.


Note de l'éditeur

Le bulletin d'information Ressources marines et traditions de la CPS, publication parallèle au présent bulletin Ressources marines et commercialisation, montre que les pêcheurs possèdent une vaste connaissance des eaux dans lesquelles ils pêchent et des espèces qu'ils y capturent - trésor inestimable pour les chercheurs et les instances publiques responsables de la gestion des ressources. Or, jusqu'à présent, les efforts de compilation et l'exploitation de ces connaissances ont surtout été centrés sur l'Océanie, l'Afrique et l'Amérique latine. Très peu de recherches ont été effectuées en Asie, bien que les savoirs que détiennent les pêcheurs autochtones en matière halieutique éclipseraient probablement ceux que l'on trouve partout ailleurs dans le monde.

Parmi ces précieuses sources de connaissances figurent les pêcheurs qui recueillent du fretin de mérou dans la nature pour l'aquaculture. Ces vingt dernières années ont vu une foison de publications scientifiques portant sur la fixation des poissons de récifs coralliens au stade post-larvaire. Pourtant, les chercheurs auraient encore beaucoup à apprendre dans ce domaine des pêcheurs asiatiques qui recueillent du fretin. C'est ce qui ressort des travaux de Sadovy (2001) (Bulletin Ressources marines et commercialisation n° 8, page 2) et de Johannes et Lam (1999 (Ressources marines et commercialisation n° 5, page 9), bien que ces auteurs n'aient fait qu'effleurer le sujet.

Davantage d'enseignements encore pourraient être recueillis auprès des pêcheurs de poissons destinés à des aquariums d'eau de mer. La majeure partie, en nombre et en espèces, des poissons tropicaux d'aquariophilie capturés en milieu marin provient d'Asie du Sud-Est.

Il y a, en outre, des milliers d'exploitants asiatiques qui pratiquent l'aquaculture d'eau de mer à petite échelle et qui pourraient transmettre un riche savoir pratique sur la pisciculture. Ce sont, eux aussi, des professionnels et, à bien des égards, ils comprennent bien mieux que nous leur environnement particulier. Nombre d'entre eux n'ayant pas les moyens d'acheter les produits pharmaceutiques utilisés par les grosses entreprises, certains ont mis au point, après maints tâtonnements, des remèdes locaux et d'autres méthodes bon marché pour soigner leurs poissons. Si ces remèdes étaient soumis à une analyse scientifique, leur efficacité serait sans doute avérée. (Pour les trouver, rien de tel que de s'adresser aux vieux de la vieille qui élèvent les mêmes espèces de poisson depuis au moins une génération.)

D'autres remèdes locaux et traitements thérapeutiques ne résisteront sans doute pas à un examen scientifique, mais là n'est pas notre sujet. Nombre de connaissances soi-disant scientifiques n'ont parfois pas non plus résisté à l'épreuve de l'analyse et, s'il est vrai que certains remèdes humains utilisés par des autochtones se sont révélés inopérants, beaucoup de médicaments vendus dans le commerce, qui rapportent des millions de dollars à l'industrie pharmaceutique, comprennent des composants extraits de substances que les populations autochtones ont été les premières à utiliser. Pour notre part, nous devrions chercher à savoir quels produits indigènes donnent de bons résultats en mariculture.

Je n'ai connaissance d'aucune étude à ce sujet; aussi, peut-il sembler présomptueux de ma part de réclamer cette recherche. Toutefois, une bibliographie annotée de 1989 sur l'ethnomédecine vétérinaire - la contrepartie terrestre de ce que l'on pourrait appeler l'ethnomédecine aquacole - comporte 261 entrées. Les articles et rapports cités montrent de façon répétée qu'il n'est pas besoin d'avoir reçu une bonne instruction, ni même de savoir lire, pour être intelligent et trouver des solutions astucieuses aux problèmes que posent les organismes nuisibles, ectoparasites, maladies, blessures et autres tracas dont souffrent ses animaux. Comme le remarquent les auteurs de cette bibliographie, "beaucoup de techniques ethnovétérinaires sont aussi efficaces et beaucoup moins coûteuses que leurs équivalents occidentaux". Comme le dit Chan (voir page 26 du présent bulletin), "Il faut faire quelque chose pour aider la mariculture de la région à se développer durablement, en prenant des mesures de lutte contre les pathologies plus efficaces".

Depuis 1989, l'étude de la médecine ethnovétérinaire s'est beaucoup développée, surtout en Inde, et une bibliographie de ce genre, aujourd'hui, serait certainement beaucoup plus volumineuse. Cet exemple et l'intérêt croissant porté à la recherche en aquaculture marine en Asie, dont témoignent, par exemple, les pages de la revue Aquaculture Asia et le bulletin d'information d'électronique consacré au mérou (Grouper Electronic Newsletter), n'incitent-ils pas à entreprendre enfin l'étude de la médecine ethnoaquacole dans les eaux côtières d'Asie ?

Pêcheurs migrants

La brièveté de la note de Mme Rivera-Guieb (page ___ du présent bulletin), concernant les conséquences de la migration des pêcheurs dans une région des Philippines, donne une fausse impression de l'importance du sujet traité. Or, si celle-ci semble faible en Océanie, les activités des pêcheurs migrants ont néanmoins de très graves conséquences pour la pêche, y compris celle des poissons de récif vivants, dans certaines parties de l'Asie du Sud-Est, notamment aux Philippines et en Indonésie. Les programmes classiques de formation des populations villageoises, visant à réduire la pêche au cyanure et d'autres méthodes de pêche destructrices, sont inaptes à remédier à ce problème, et les communautés locales sont souvent impuissantes à chasser les pêcheurs migrants de leurs eaux. Comment faire face à ce problème ? C'est avec plaisir que je publierai dans ce bulletin des articles, des lettres ou de bonnes références bibliographiques sur ce sujet.

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Sommaire

Les essais de pêche de poissons de récif vivants destinés à la restauration à Vanuatu font des vagues
Naviti W., Hickey F.R. (pdf: 92 KB)
Intérêt de la pêche ponctuelle intensive dans le secteur des pêcheries de poisson vivant
Graham T. (pdf: 148 KB)
Le commerce de poisson vivant de la Grande barrière de corail du Queensland : l'évolution des pratiques halieutiques ancestrales
Mapstone B.D., Jones A., Davies C.R., Slade S.J., Williams A.J. (pdf: 106 KB)
Analyse de l'intérêt économique des regroupements de poissons en période de frai dans le parc national de Komodo (Indonésie)
Ruitenbeek H.J. (pdf: 119 KB)
L'essence de girofle utilisée comme anesthésiant chez les juvéniles de poissons marins tropicaux
Durville P., Collet A. (pdf: 136 KB)
Initiative régionale de la CPS concernant les poissons de récif vivants
Yeeting B. (pdf: 91 KB)
Comment faire baisser la demande en poissons de récif vivants ?
Simonetti J. (pdf: 76 KB)
Retour à l'océan pour un meilleur avenir
Birkeland C. (pdf: 104 KB)
Nouvelles et évènements, et publications choisies ()

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Ressources marines et commercialisation n°9 (pdf: )


Les opinions exprimées dans ce bulletin appartiennent à leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement
celles du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique
 
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